mardi 9 mars 2010

Pause?

une explosion est en construction
un échaffaudage de feux est monté
la flèche brûle plus vite que son bois
tout se précipite et s'abreuve de tout

À quel moment prendre la pause pour voir le spectacle?
Qu'est-ce qui est vraiment prioritaire? Où sont les ombres?

4 commentaires:

  1. Parfois je me demande s'il est possible de voir notre présent autrement que dans nos souvenirs... Dans un autre temps?

    Peut-être que c'est parce qu'une forme d'objectivité ne peut naître que dans le recul et qu'autrement tout ne serait qu'illusions...

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  2. Intéressant. Mais j'aurais tendance à relativiser l'idée d'objectivité, justement. Étant donné que notre expérience de la réalité (et de sa complexité), «notre» réalité demeure subjective, même dans nos moments de réflexion et de recul. Ma réflexion, même si elle était purement basée sur des considérations rationnelles, n'en demeurerait pas moins subjective, étant donné toutes les possibilités d'analyse qui offrent des sentiers différents pour arriver à un constat ou un résultat quelquonque. Je considère alors que l'objectivité pure est impossible, entre autre à cause du langage et des barrières sémiologiques qui s'érigent entre les différents regards (entre autres, pour éviter de tomber dans trop de métaphysique!)
    Par ailleurs, les arts sont les beaux débordements de ces reculs, souvent instinctifs et viscéraux et qui, à leur tour, accèderont à de nouvelles subjectivités via les interprétations du public. D'ailleurs, quand on parle d'intuition, on peut faire référence à cette idée de la connaissance par voie directe, sans passer par le regard et l'analyse intellectuelle. Ce qui fait qu'en bout de ligne, peut-être que le cerveau droit est naturellement outillé pour recevoir le moment présent, versus le gauche qui calcule en prévision de quelques scénarios...
    Le présent est éternellement fuyant, passant de «possibles» à «passé» et «expériences»... et trop souvent s'agglutine en nos mémoires, nos corps fragilisés par des souffrances qui ne demandaient pas tant d'attention.
    Peut-être que le présent doit être vu comme un jeu d'équilibre entre les deux, justement, où on serait amené à vivre intensément ce qui passe, apprendre là où il faut, conserver le nécessaire, mais regarder tout de même vers l'avant sans se créer d'attente. Être prêt au «devenir».

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  3. Il faut savoir que pour ce qui est de l'objectivité, je tiens exactement le même discours, mais, ici pour faire court, j'ai choisis d'utiliser l'expression "forme d'objectivité" pour exprimer ce qui pourrait s,en approcher le plus, ou du moins ce qui pourrait avoir l'intention de s'en approcher le plus!

    Mais j'aime bien l'idée d'équilibre entre le passé et le présent.

    être "prêt" au devenir est aussi une lutte de tout les instants, mais à mon avis c'est aussi ce que les gens "surutilisent" en oubliant de vivre dans le présent ou en oubliant de se référer au passer afin d'éviter de le répéter encore et encore dans le futur. L'avenir est incertain et loin, parfois même improbable.

    Malgré tout, j'ai quand même peur que le présent ne soit qu'une illusion... Il me fait peur.

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  4. En fait, le présent, davantage comme un jeu entre le futur, i.e. ce qui n'est pas encore (mais en devenir potentiel à cause des conséquences, des échos de tout), ce qu'on peut imaginer/ anticiper (ou non) et le passé i.e. les marques laissées dans nos mémoires et dans l'espace visible.
    C'est certain qu'il est tentant aussi d'évoquer la théorie qui veut que le temps n'existe pas vraiment (en physique sub-quantique, notamment), qu'il se fond avec l'espace; que notre perception de la chose n'est que le résultat de notre évolution et des outils mentaux dont on dispose pour accumuler des aptitudes et organiser nos ressources pour survivre.
    Le présent en tant que tel est le seul instant qui n'ait jamais existé, en éternelle conjonction avec l'espace; ne reste l'illusion de l'alternative. Mais, à mon avis, c'est de croire en l'illusion qui est «naturel», au stade où on est en tant que société. Individuellement, il est possible de sentir l'autre option, avec tout le potentiel libérateur qu'elle contient, mais pour ça, faut-il glisser sur elle aisément pour continuer à s'organiser dans le concret sans perdre la tête.
    Hmm. Mais la peur est conditionnelle à l'expérience antérieure et crée un déphasage avec notre accueuil de ce qui n'est pas encore...(voire une déformation des échos qui contribuent à la création de ce dont on craint)
    Je préfère voir le «futur» comme un présent qui n'est pas encore arrivé à destination. Bonne fête! Maintenant, pour toujours.

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